Comment bien préparer sa vieillesse ?

Publié le : 03 novembre 20225 mins de lecture

Plusieurs préjugés culturels tournent autour de la vieillesse : On suppose qu’une vieille personne doit avoir une mauvaise mémoire, une mauvaise audition et des maladies de toutes sortes.

On croit également qu’ils n’ont plus le temps de tomber amoureux et que, bien entendu, ils n’ont pas de sexualité, et n’en ont pas besoin pour vivre correctement.

Ajoutez à cela qu’il est inconcevable qu’une personne âgée puisse maintenir une activité physique exigeante.

Au contraire, on s’attend à ce qu’il s’assoie ou s’allonge et que tout lui fasse mal lorsqu’il essaie de bouger.

Se débarrasser des préjugés

Rien n’est plus faux que tous ces préjugés. En réalité, il s’agit de croyances qui ne correspondent pas à ce que la science établit, mais plutôt à ce que la culture promeut.

La jeunesse est une valeur quasi absolue dans notre société et tout ce qui n’y correspond pas est perçu comme une dégradation.

Mais ce n’est pas le cas.

Le Dr Róbinson Cuadros, un gériatre qui traite des patients en Espagne et en Colombie, a un avis différent.

Lui et d’autres gériatres qui ont étudié et vérifié les changements chez les personnes âgées assurent que la vieillesse n’est pas synonyme de maladie, qu’aucune des fonctions physiques ou émotionnelles ne doit être perdue avec l’âge et que la dignité des personnes âgées doit être sauvée, en leur donnant la place qu’elles méritent dans la société.

Le Dr Cuadros raconte qu’il a décidé de se consacrer à la gériatrie lorsqu’une grand-mère nonagénaire s’est présentée au cabinet de son interniste.

La femme, nommée Maria, a fait une confession surprenante : « Docteur, j’ai vraiment commencé à vivre quand j’ai eu 74 ans ».

Au cours de l’entretien, il s’est enquis de la raison de cette déclaration et est tombé sur une histoire fascinante.

Elle avait été une femme de chambre toute sa vie.

Comme elle était toujours à court d’argent, elle ne prenait pas le bus pour rentrer chez elle après le travail, mais elle marchait plusieurs kilomètres pour y arriver.

Peu de temps avant de partir à la retraite, elle est passée devant un complexe sportif et a vu un panneau : « Senior Olympics ».

Elle a fait ses recherches et s’est inscrite à toutes les disciplines : athlétisme, saut, lancer de poids et javelot.

Elle a participé à la compétition et elle est devenue la championne locale.

Cela l’a amené à représenter sa ville aux jeux nationaux, qu’elle a également remportés.

Et, à son tour, son titre national lui a valu de nombreuses invitations à d’autres tournois.

Au total, elle a voyagé dans 60 pays, a plus de 90 ans aujourd’hui et reste en parfaite santé.

Le secret pour bien vieillir 

Le Dr Cuadros affirme que le cas de Maria n’est pas, et ne devrait pas être, une exception.

Il existe un secret pour y parvenir, mais en réalité il n’y a pas de grand mystère : préparer sa vieillesse intelligemment.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Tout d’abord, il s’agit de gérer correctement la perte musculaire.

À partir de 30 ans, nous perdons tous 1 % de notre masse musculaire par an. Après l’âge de 60 ans, nous passons à 6 %.

À ce rythme, la perte de masse musculaire est très importante et constitue la principale cause des difficultés à maintenir une bonne posture de marche et une certaine endurance dans les activités quotidiennes.

Elle est également à l’origine de 87 % des chutes chez les personnes âgées.

La perte est prévenue par l’exercice. « Pas un petit tour au parc », dit le Dr Cuadros.

Des marches qui en demandent un peu plus d’effort. L’idéal est de soulever des poids ou, du moins, de ne pas éviter le geste de soulever des objets lourds, « même si la personne a 80 ans », précise le médecin.

« Les personnes âgées ne sont pas inutiles, mais elles finissent par l’être à cause de la surprotection qu’on exerce sur elles », ajoute-t-il.

Le plus important, en tout cas, est de commencer à changer les mentalités.

Vieillir, ce n’est pas se prosterner, ni renoncer à la vie. Nous pouvons être vieux, et même si nous n’aurons pas la même vitalité qu’à vingt ans, nous pouvons mener une vie pleine et enrichissante.

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